lundi 12 mai 2014

Aux européennes, faites entendre le camp des travailleurs

Les élections européennes, qui auront lieu le 25 mai, ne soulèvent pas l’enthousiasme dans l’électorat populaire. Comment s’en étonner ?

Il s’agit d’élire des députés au parlement européen dont on sait qu’ils ne sont là que pour faire de la figuration, les véritables décisions étant prises par les dirigeants de chacun des États. Et c’est sans parler du mode de scrutin bien particulier, avec le découpage en huit circonscriptions, qui privilégie les grands partis.
Comment ne pas être écœuré vis-à-vis de toutes ces campagnes électorales où les uns et les autres font des promesses qu’ils piétineront allègrement une fois élus ?

Nous sortons tout juste des élections municipales, où le message des électeurs qui votent traditionnellement à gauche a été clair. En s’abstenant ou en votant contre le PS, ils ont rejeté la politique anti ouvrière du gouvernement.

Et qu’a fait Hollande ? Il en a rajouté en allant chercher le moindre euro dans la poche des retraités, des fonctionnaires, des malades, en rognant sur les allocations logements, familiales, pour faire plus de cadeaux au patronat.

C’est une provocation ! Et Hollande a bien choisi l’homme de la situation. Aussitôt nommé, Valls, le Sarkozy du PS, a expliqué que « nous vivons au-dessus de nos moyens depuis des décennies » ! Mais qui « vit au-dessus de ses moyens » ? Les retraités qui sont rackettés depuis des années ? Les travailleurs licenciés qui sont transformés en chômeurs ? Les ouvriers, les employés qui sont à découvert le 10 du mois ?

Les attaques gouvernementales, l’arrogance du Medef, les mille et une ignominies infligées quotidiennement aux classes populaires finiront par déboucher sur une explosion sociale. On n’y est pas encore, mais il faut commencer par dénoncer cette politique.




Lutte Ouvrière se présente aux élections européennes pour faire entendre le camp des travailleurs. Ces élections ne changeront pas la face de l’Europe et encore moins le sort des travailleurs. Mais chacun peut se servir de son bulletin de vote pour dire ce qu’il pense.

Les intérêts du patronat seront bien représentés. Du Front national au Parti socialiste en passant par l’UMP, tous les candidats raisonnent de son point de vue. En se demandant quel est le bon niveau de l’euro, avec qui il faut ou non commercer, ils se placent tous du point du point de vue de la compétitivité et des affaires des capitalistes.
Il faut que les travailleurs fassent entendre leurs intérêts. Ils n’ont aucune raison de se taire, et sûrement pas au moment où le gouvernement déclare la guerre. Le pire pour les travailleurs serait de faire comme si rien ne se passait, ce serait de laisser croire que nous sommes consentants.

A travers des élections on peut dire que l’on n’est pas dupe, on peut dire que le gouvernement fait une politique de droite et qu’il faut le combattre comme tout gouvernement de droite.

Ceux qui, pour rejeter la politique du gouvernement, se contentent de s’abstenir se trompent. On l’a vu aux municipales, l’abstention a permis à la droite de fanfaronner parce qu’elle a pris des villes à la gauche. En augmentant son score, en pourcentage, le FN a aussi été conforté. Ce n’était certainement pas ce que voulaient ceux qui se sont abstenus ! Pour que sa voix ne soit pas récupérable, il faut exprimer clairement son opposition et ses exigences.

Si vous pensez que le chômage est insupportable et que l’on ne peut pas continuer avec cette précarité et ce chantage patronal, il faut le dire. Si vous êtes convaincu qu’il faut interdire les licenciements et répartir le travail entre tous, il faut le dire.

Si vous pensez qu’il est légitime d’augmenter les salaires et les retraites et qu’ils doivent suivre l’inflation, il faut le dire. Si vous pensez qu’il faut contrôler ce qui se passe dans les grands groupes capitalistes, parce que le monde du travail a des droits sur les richesses qu’il crée, il faut le dire.

En votant pour Lutte Ouvrière, les travailleurs, les chômeurs et les retraités montreront qu’ils existent et qu’ils ont des exigences.

Ils montreront qu’ils ne se laissent pas diviser par les partis de la bourgeoisie qui s’empaillent sur le protectionnisme ou sur l’euro, toutes choses qui ne concernent en rien les intérêts des travailleurs.

Ils montreront qu’ils rejettent le nationalisme et le chauvinisme qui divise les travailleurs et les affaiblit quand la bourgeoisie, elle, est organisée à l’échelle internationale. En votant pour Lutte Ouvrière, ils reprendront la devise du mouvement ouvrier : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ».

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