mardi 15 juillet 2014

Les assassins d’un peuple

Alors que les télévisions du monde entier faisaient de la coupe du monde de football un spectacle planétaire, le territoire de Gaza était noyé sous les bombes de l’aviation israélienne. Ce petit territoire laissé par l’État d’Israël aux Palestiniens est une des régions du monde les plus densément peuplées. L’expression « bombardements ciblés » n’est qu’hypocrisie. Parmi les centaines de victimes, morts ou grièvement blessés, il y a nécessairement une majorité de civils, et on retire des corps ensanglantés d’enfants des ruines de leur maison.

Le point de départ de l’enchaînement de la violence – l’assassinat de trois jeunes Israéliens suivi de l’exécution d’un jeune Palestinien – a été l’étincelle qui a fait exploser une fois de plus le baril de poudre israélo-palestinien. C’est le énième épisode d’une guerre d’oppression menée depuis plusieurs décennies par l’État d’Israël, soutenu par toutes les grandes puissances contre un peuple palestinien parqué dans des territoires dispersés, soumis à boycott, entourés de murs et de barbelés. Un peuple privé de tout droit, soumis à des vexations incessantes.

Cela fait des décennies que sur un petit territoire – l’équivalent de trois départements en France – où coexistent deux peuples, il y en a un, les Palestiniens, qui est enfermé dans une prison à ciel ouvert dans son propre pays, tandis que l’autre, les Israéliens, est transformé en gardien de prison.

L’État d’Israël a beau posséder une des armées les plus modernes et les plus efficaces (avions, hélicoptères, drones), il n’arrive pas à étouffer les révoltes successives du peuple opprimé. Il n’a réussi qu’à susciter, du côté des Palestiniens, des organisations qu’il dénonce comme terroristes car elles utilisent à petite échelle les mêmes méthodes dont il use, lui, à grande échelle.

L’ampleur de la répression a amené des dirigeants des puissances impérialistes, parmi lesquelles la nôtre, à prononcer quelques phrases de feinte indignation. Le Drian, ministre français de la Défense, a recommandé benoitement à son compère israélien de « faire preuve de mesure dans sa riposte ». Une nouvelle série de conférences internationales est convoquée pour pérorer sur la paix pendant que les bombes continuent à tuer…


L’attitude des dirigeants de l’Occident impérialiste ne relève pas seulement de l’hypocrisie. Et ce n’est surtout pas une politique de l’autruche. Leur politique est sciemment menée, et de longue date.

Les chefs d’État se succèdent aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni, le parti démocrate prend la relève du parti républicain, la gauche celle de la droite, les conservateurs celle des travaillistes, mais pour mener avec constance la même politique. Dans ce Moyen-Orient à l’emplacement stratégique, dont nombre de régions sont gorgées de pétrole, la politique des grandes puissances impérialistes a toujours été de diviser pour régner, de morceler les populations, de dresser les États les uns contre les autres, afin de sauvegarder la mainmise de leurs grands trusts sur les ressources.

Leur politique a toujours été de lâcher une part des énormes richesses accumulées à des potentats locaux, de leur vendre des armes pour mener la guerre les uns contre les autres et, surtout, à leurs propres peuples qui crèvent de pauvreté.

Dans ce jeu de division, l’État d’Israël a toujours joué un rôle particulier. Il est l’allié et le bras armé le plus fiable de l’impérialisme contre les peuples arabes voisins. De surcroît, il permet aux régimes arabes les plus dévoués eux-mêmes à l’impérialisme, comme l’Arabie saoudite ou les émirats du pétrole, de dissimuler leur politique réactionnaire derrière des déclamations contre Israël. Voilà la réalité des rapports impérialistes qui sont derrière les affrontements fratricides entre deux peuples entremêlés dont l’écrasante majorité aurait tout intérêt à une cohabitation fraternelle.

Regardons les images que rapporte la télévision, de ces enfants, femmes et hommes, aux yeux hagards, qui fuient les bombardements. Pour éloigné que soit le Moyen-Orient, il n’en est pas moins bien près de nous.

Le foyer de tension qu’il est n’a de spécifique que sa permanence. Mais de l’Irak à l’Afrique en passant par la Syrie, combien d’autres zones de guerre surgissent, où des peuples ou des fractions de population sont jetés les uns contre les autres au nom du nationalisme, de l’ethnisme ou de la religion ? Même lorsqu’un impérialisme se pose en pacificateur, comme le nôtre en Centrafrique ou au Mali, il est en fait un pompier pyromane.

Le capitalisme, ce n’est pas seulement l’exploitation, l’oppression, l’accroissement des inégalités, c’est aussi l’impérialisme. Les guerres dont il est porteur menacent toute l’humanité.

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