lundi 22 septembre 2014

Femmes de ménage ou pilotes d’Air France : tous des salariés exploités

Les médias et les politiciens de tous bords ont fait du retour de Sarkozy un événement exceptionnel. Les reportages sur sa personne se sont succédé. On a vu Sarkozy à vélo, Sarkozy en short, Sarkozy avec Carla, Sarkozy parlant anglais, pour finir par son autopromotion de 40 minutes à la télévision. Avoir été pendant cinq ans le président des riches ne lui a pas suffi, il veut remettre cela !

Deux ans et demi avant l’élection présidentielle, la course est lancée. Dans chacune des écuries politiciennes, les candidats se positionnent sur la ligne de départ.

Au Front national, Marine Le Pen trépigne d’impatience. Elle envisage même, en cas de dissolution, de devenir Premier ministre de Hollande. C’est dire qu’elle ne pense qu’à aller à la mangeoire ! Ce spectacle politicien a de quoi donner la nausée avant l’heure.

Il n’y a rien à attendre de la mascarade électorale qui se prépare. Le changement ne viendra pas d’en haut. Il viendra des travailleurs eux-mêmes, de leur capacité à peser sur la politique de la bourgeoisie et sur les politiciens qui ne sont que ses paillassons.

Ce qui sera décisif est ce qui se passera au sein du monde du travail. Aujourd’hui, deux grèves sont révélatrices de la situation du monde du travail : celle des pilotes de ligne d’Air France et celle des femmes de ménage des grands hôtels du groupe Park Hyatt.

Ce sont les deux extrémités du monde du travail. Entre les pilotes de ligne dont la paye peut dépasser 10 000 € et les femmes de ménage qui arrivent péniblement à 1300 € en étant exploitées sans merci, il y a un gouffre. Et, pourtant, ils sont, les uns comme les autres, en grève pour des revendications similaires.

Les femmes de chambre se battent pour ne plus dépendre d’un sous-traitant qui les sous-paye et s’assoit sur le droit du travail. Les pilotes sont en grève pour ne pas devenir des pilotes low cost dans une filiale low cost où les salaires, les conditions de travail, voire la sécurité, seront revus à la baisse.


Quand la grève des femmes de ménage nous donne une leçon de courage, la grève des pilotes de ligne est une leçon politique.

Que l’on soit pilote, ingénieur ou cadre, on n’en est pas moins un salarié soumis à la politique patronale. Et dans cette période de crise où la cupidité de la bourgeoisie est redoublée, elle veut revenir sur tout ce qu’elle a cédé, y compris sur ce que certaines catégories croyaient être des acquis.

Pour les travailleurs, il n’y a pas plus d’issue catégorielle qu’il n’y a d’échappatoire individuelle. La réponse ne peut être que collective. Alors, ne nous laissons pas opposer les uns aux autres.

La politique patronale a toujours consisté à diviser les travailleurs : les CDI contre les CDD, les intérimaires contre les embauchés, les ouvriers contre les employés, les ouvriers d’origine française contre les immigrés.

Face au blocage d’Air France, le patronat accuse les pilotes d’égoïsme et d’aveuglement, comme il l’a fait hier contre les cheminots et le fera demain contre d’autres. Il trouvera toujours des travailleurs plus exploités pour les monter contre les autres.

Désormais, le Medef oppose même les travailleurs… aux chômeurs. Car, comme nous l’explique son président, à cause des salariés qui s’accrochent aux 35 heures, aux jours fériés et à tous les droits sociaux, les patrons ont trop de contraintes pour embaucher. À l’entendre, ce sont les travailleurs qui seraient responsables du chômage des autres !

Cette stratégie de division a pour but de masquer la seule véritable opposition qui existe dans cette société capitaliste : celle entre exploités et exploiteurs, celle entre bourgeoisie et travailleurs.

Car il n’y a pas de miracle, et surtout pas dans une période de crise. Les 15 % d’augmentation des grandes fortunes et les 30 % de hausse des dividendes ont été pris sur le monde du travail. Ils viennent de ce que tous les salariés ont vu leurs droits et leurs conditions de travail reculer à un niveau ou à un autre.

Si les travailleurs ne se battent pas pour inverser le rapport de force avec la bourgeoisie, ils reculeront encore. Et ce ne sont pas les politiciens qui sont tous des serviteurs de la classe capitaliste qui l’empêcheront.
Alors, contre le patronat, réaffirmons la légitimité de tous les travailleurs, des femmes de ménage jusqu’aux pilotes de ligne, de se battre pour leurs intérêts. Et réaffirmons la nécessité pour la classe ouvrière de se faire entendre en tant que telle, en tant que force sociale, en tant que force politique.

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