lundi 22 février 2016

L'Est Républicain : Christian Driano (LO) : Le gâchis « des requins »

Dans l'imbroglio politico-financier ayant entouré la fermeture de la clinique des Portes du Jura puis dans les débats sur l'implantation d'un futur et nouvel établissement privé dans la cité des Princes, on les avait peu entendus.

Mais, aujourd'hui, lassés par l'avalanche de motions pour réclamer à cor et à cri une clinique sur le secteur, les tenants à la fois de la gauche et du service public, haussent le ton.

Après Mme Baquet-Châtel, fustigeant à l'agglo « les grands mots » creux des élus, après les retraités CGT s'indignant d'une restriction de l'accès de soins pour tous (nos précédentes éditions), c'est un des rares élus Lutte ouvrière du Pays de Montbéliard, et de France d'ailleurs, Christian Driano qui sonne la charge.

Contrairement au souhait des représentants de l'agglo de faire table rase d'un passé très polémique dans le domaine des cliniques, l'élu de Grand-Charmont aime, lui, à rappeler un brin « d'histoire » :
« La clinique des Portes du Jura a été liquidée, les 104 salariés licenciés, dans l'intérêt exclusif des propriétaires. Et ce sont aujourd'hui les concurrents, propriétaires de la Miotte, qui sont à la manoeuvre pour se voir offrir une clinique neuve à, Montbéliard (N.D.L.R. : le groupe Dracy envisage tout de même d'investir 20 millions de ses propres euros !) ». L'élu LO parle surtout d'un immense gâchis dans le domaine sanitaire : « C'est au prix de la fermeture complète des deux hôpitaux de Belfort et Montbéliard que le nouvel hôpital va ouvrir à Trévenans. Avec 200 lits en moins, cet hôpital unique a été volontairement sous-dimensionné pour favoriser le secteur privé des soins médicaux au détriment des besoins et de l'accès aux soins de la population ».

Et de moquer les élus de tous bords qui se plaignent aujourd'hui du risque de désert médical dans la région de Montbéliard : « Mais se sont-ils seulement opposés à la fermeture de l'hôpital de Montbéliard ? Non, ils ont appuyé la politique de tous les gouvernements, de Sarkozy à Hollande, qui livrent les budgets hospitaliers à des requins de la finance pour qui la santé de la population ne vaut que si cela est rentable et leur rapporte suffisamment ». Qui sème le vent récolte donc la tempête... Ou plutôt en l'occurrence là, le désert.
Sophie DOUGNAC

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