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mercredi 24 juin 2020

Hors d'une lutte massive et résolue, point de salut pour les travailleurs !

    Second tour des municipales ; mise en scène gouvernementale autour de la transition écologique ; remaniement ministériel en vue ; attente d'une énième prise de parole de Macron... le ronron politicien reprend.

    Mais l'important est ce qui se passe sur les lieux de travail, car avec les suppressions d'emplois et les fermetures d'entreprises, la bourgeoisie est en train de détruire les conditions d'existence de centaines de milliers de travailleurs.

    La catastrophe sanitaire n'a été qu'un intermède pour la bourgeoisie. Au lieu des 60 milliards de dividendes prévus, les actionnaires en ont touché 40 ! Ceux qui ont été privés de versement sont priés d'attendre un an. Quand on est multimillionnaire, ce n'est certainement pas le bout du monde !

    Alors oui, il y a la crise économique. Mais les profits et les grandes fortunes n'ont pas disparu. Et la bourgeoisie a de quoi se sentir soutenue : avec 15 milliards pour l'aéronautique, 8 milliards pour l'automobile et 18 pour le tourisme, l'hôtellerie et la restauration, l'État a déployé les grands moyens. Eh bien, cela n'empêche rien : la bourgeoisie impose de nouveaux sacrifices aux travailleurs et planifie des milliers de licenciements !

    Dans les secteurs où la rentabilité est compromise, elle retire purement et simplement ses capitaux et met l'entreprise en faillite. Là où il y a moins d'activité, elle supprime des emplois. Là où l'avenir est incertain, elle renvoie les CDD et les intérimaires et se débarrasse des prestataires. Les travailleurs ne sont pas mieux considérés que les machines que l'on branche, débranche et déplace au gré des perspectives de profits. Qu'ils aient besoin d'un emploi pour vivre n'entre même pas en ligne de compte !

    Même gavée de milliards par le gouvernement, même à la tête de fortunes immenses, la classe capitaliste sera sans pitié pour les travailleurs. Pour accumuler plus de profits dans cette période de crise, elle exploitera davantage les uns et licenciera les autres. Pour assurer sa prospérité, elle appauvrira toute la population laborieuse. Car il ne s'agit pas seulement des salariés, mais aussi des petits commerçants, artisans, paysans dont les revenus dépendent du pouvoir d'achat ouvrier. C'est une déclaration de guerre à ceux qui ne peuvent vivre qu'en travaillant.

mardi 9 juin 2020

Des États-Unis au monde entier : à bas le racisme et les violences policières !

    L'onde de choc créée par le meurtre de George Floyd, il y a deux semaines à Minneapolis, continue de se propager au monde entier. Aux États-Unis, ces derniers jours, des centaines de milliers de personnes ont encore manifesté pour crier leur colère. Leur colère contre le meurtre raciste, de sang-froid, d'un homme à terre et menotté, qui dit qu'il ne peut plus respirer et va mourir. Leur colère contre ce sinistre écho de l'époque des lynchages et de la ségrégation, cette barbarie avec laquelle le capitalisme américain s'est construit. Comme cela a été dit lors d'un hommage, ce genou sur le cou de George Floyd, c'est celui qui écrase depuis longtemps les Noirs américains, aujourd'hui discriminés au travail, pour le logement, dans l'éducation et la santé, ainsi que l'a montré le lourd tribut qu'ils ont payé au coronavirus.

    Quand Obama fut élu, certains ont dit que c'était la preuve que le pays avait soldé l'héritage de l'esclavage et de la ségrégation. On voit aujourd'hui que ce racisme gangrène toujours l'appareil d'État américain, de la base au sommet. À la base, avec ces flics racistes, chargés de défendre la loi et la propriété bourgeoise, et pour laquelle la vie des pauvres, des Noirs en particulier, ne vaut pas cher. Avec ces juges, qui les emprisonnent massivement. Au sommet, avec des hommes comme Trump, qui a fait sa carrière politique en stigmatisant les Noirs.

    L'explosion de colère de ces derniers jours est sans doute aussi alimentée par la crise terrible que traverse la classe ouvrière américaine, avec ses 41 millions de travailleurs licenciés, avec ces dizaines de millions de personnes qui font la queue à l'aide alimentaire, tandis que Wall Street a retrouvé sa santé d'avant l'épidémie.

Renault Choisy : Intervention de Jean-Pierre Mercier au rassemblement contre la fermeture de Renault-Choisy

mardi 2 juin 2020

Travailleuses, travailleurs : un pour tous, tous pour un !

    « S'ils veulent fermer l'usine, il faudra nous passer dessus », « MCA, c'est 21 ans de ma vie. À 48 ans, je retrouve quoi derrière ? Dans la région, il n'y a plus rien, ils ont déjà tout cassé ». À l'usine Renault de Maubeuge, l'annonce de la fin de l'assemblage des Kangoo, qui menace l'emploi de plus de 2 000 ouvriers, a fait l'effet d'un séisme.

    Vendredi, toute l'usine était en grève et, samedi, une manifestation regroupait plus de 8 000 personnes. Pour une ville comme Maubeuge, c'est un succès et pour les ouvriers, un encouragement. C'est la preuve qu'ils ne sont pas seuls : bien des commerçants, artisans et autres travailleurs de la région se sentent concernés. Et pour cause !

    Que l'on soit salarié, ouvrier, employé, ingénieur ou travailleur indépendant, nous sommes tous menacés. Les secteurs qui échappent à la crise économique sont des exceptions. La règle est le ralentissement brutal et la sous-activité, quand ce n'est pas l'arrêt total pour certains commerces et petites entreprises.

    Au mois d'avril, Pôle emploi a enregistré 850 000 chômeurs supplémentaires. « Il ne s'agit pas de licenciements mais d'intérimaires et de CDD qui n'ont pas trouvé de nouvelle embauche », relativise le gouvernement. Mais qu'est-ce que cela change ? Pour ces femmes et ces hommes, le résultat est le même : ils ont perdu leur salaire et ont dû se contenter, quand ils en ont eu, de leurs maigres indemnités chômage.

lundi 25 mai 2020

Non aux licenciements, répartition du travail entre tous !

    Après la menace du Covid-19, voilà celle des fermetures d'usines et des licenciements, et pour celle-là, il n'y a aucune protection à attendre de l'État ! Renault en est le symbole.

    Le constructeur automobile a tiré le premier coup de canon de l'offensive en menaçant de fermer quatre usines, dont celle de Flins qui fait travailler 4 000 personnes et des dizaines de fournisseurs et sous-traitants. Et on a compris, par la bouche du ministre de l'Économie, que l'État, qui détient 15 % du capital « n'exigera pas le maintien de l'emploi » !

    Qu'un groupe comme Renault décide, avec la complicité du gouvernement, de fermer des usines et de licencier des milliers de salariés montre que personne n'est à l'abri. Airbnb, Uber, André, La Halle, Safran, General Electric, Air France, Airbus et ses sous-traitants comme Daher ou Derichebourg Aéronautique..., la liste déjà longue des entreprises qui restructurent et licencient va s'allonger de jour en jour.

    Dans cette guerre féroce qu'est le capitalisme, la crise est toujours l'occasion pour les capitalistes les plus puissants d'avaler les plus faibles et de resserrer l'étau sur les sous-traitants et les fournisseurs. Et surtout, elle est toujours le prétexte et un moyen de chantage pour imposer des sacrifices supplémentaires aux travailleurs.

    Alors, contrairement au Covid-19, l'épidémie de fermetures et de licenciements n'a rien de naturel. Ce sont des choix de classe : pour ses profits, la grande bourgeoisie est prête à faire crever les travailleurs. Nous ne devons pas l'accepter !

    Lutter contre ces licenciements est une question vitale pour le monde du travail et pour toute la société. Dans le contexte de crise actuelle, personne ne peut sérieusement envisager trouver un autre gagne-pain. Alors, perdre son emploi est une condamnation à la pauvreté et à la déchéance.

mardi 12 mai 2020

France Info TV : Interview de Jean-Pierre Mercier : Pour sauvegarder les intérêts des travailleurs, il faudra s'affronter au pouvoir des actionnaires !

Se méfier du gouvernement et du grand patronat comme du Covid-19 !

    Le déconfinement, étape hautement délicate, est lancé, et le bricolage continue ! Contrairement au confinement qui s'est imposé dans l'urgence, le gouvernement a eu deux mois pour préparer ce déconfinement. À quoi ont-ils servi ? Pourquoi les autorités sanitaires n'ont-elles pas commencé à tester massivement la population ? Quels sont les dispositifs et les lieux proposés pour isoler les porteurs du virus ? On ne le sait toujours pas.

    À Paris, pour les transports publics, au lieu de mettre plus de trains et d'assurer une fréquence plus soutenue sur les lignes bondées, les autorités se sont contentées de faire du cinéma en collant des stickers. Cela a très bien fonctionné... dans les rames vides ! Ailleurs, c'était évidemment mission impossible. Seuls restent effectifs le port du masque obligatoire et l'attestation professionnelle aux heures de pointe. Et là, on ne plaisante plus !

    Le gouvernement ne distribue pas de masques gratuits. Mais il va mobiliser 20 000 policiers pour punir d'une amende de 135 ? tous ceux qui n'en auront pas dans les transports. Contraindre, réprimer les classes populaires et étaler son mépris social : c'est bien tout ce que l'État sait faire !

    Pour les écoles, tout se fait dans l'improvisation. Après avoir élaboré un protocole quasi militaire, le gouvernement se défausse sur les maires et les enseignants pour le mettre en oeuvre. À eux de se débrouiller avec les moyens du bord et en réduisant le nombre d'enfants accueillis. Et de fait, seul un enfant sur six ou dix reprendra le chemin de l'école, mais les apparences de la « continuité pédagogique » sont sauves !

vendredi 8 mai 2020

PSA Usine de Sochaux : Décision d’un exploiteur qui n’a que le souci de ses profits


mardi 28 avril 2020

Le contrôle ouvrier, une nécessité vitale !

    Le déconfinement est censé commencer dans moins de deux semaines avec la réouverture des écoles, et le gouvernement est toujours incapable de fournir la population en masques. Il est incapable de dépister massivement et plus incapable encore d'isoler les porteurs du virus.

    Avec la mise sur pied d'un consortium entre Air Liquide, PSA, Valeo et Schneider, on croyait réglé le problème des respirateurs. Eh bien non ! 8 500 respirateurs sur les 10 000 produits sont des modèles simplifiés destinés au transport, insuffisants pour les services de réanimation mais parfaits pour le coup de pub !

    L'État et la bourgeoisie vont de fiasco en fiasco, d'incurie en incurie. Si, en quatre mois, l'État et les industriels du pays n'ont toujours pas déployé les moyens humains et techniques pour fabriquer le matériel de protection nécessaire, c'est qu'ils ne l'ont pas voulu.

    La conscience collective ? Le civisme ? L'esprit de sacrifice ? Ces valeurs ont du sens pour les travailleurs dont on voit le dévouement et la capacité d'initiative. Mais la grande bourgeoisie n'en a que faire. Il n'y a qu'à voir comment les banquiers et les assureurs se font prier pour aider les salariés, chômeurs et petits artisans à passer le cap, alors même qu'ils ont, eux, la garantie de l'État qu'ils n'y perdront rien !

    Le monde peut s'écrouler autour des capitalistes, requins ils sont, requins ils restent. Ils se moquent de sauver des vies. En pleine pandémie, la seule chose qui les inquiète, ce sont leurs profits, leurs parts de marché, leurs cours boursiers. Et même si rien n'est prêt pour le déconfinement, ils battent tous le rappel au travail.

lundi 20 avril 2020

Une classe dirigeante et un système social à renverser !

    Dimanche, le Premier ministre a introduit son long satisfecit en déclarant : « Nous avons réussi le confinement ensemble, nous allons ensemble réussir le déconfinement ». De qui se moque-t-il ?

    Les soignants ont été envoyés au front sans armes ni munitions pendant de longues semaines. Le personnel des Ehpad et les aides à domicile restent, pour la plupart, livrés à eux-mêmes. Les salariés qui ont continué de travailler le font souvent sans les protections élémentaires.

    Quant au confinement, il plonge des millions de familles populaires dans des difficultés matérielles, financières et psychologiques insupportables. Il ne reproduit pas seulement les inégalités sociales, il les creuse. Les plus précaires ont tout simplement perdu leur gagne-pain. Les autres voient leur salaire amputé de 200 à 300 ? suite au chômage partiel, alors que leurs dépenses augmentent du fait, notamment, de la fermeture des cantines. Le gouvernement se targue d'aider les plus démunis, mais le fait est que les files s'allongent devant les restos du coeur ou le Secours populaire !

    Alors oui, les inégalités s'aggravent, y compris sur le plan scolaire où beaucoup d'enfants ont décroché. Macron et Blanquer prétendent que l'école rouvrira le 11 mai pour les pallier. Là encore, ils nous mentent : cette décision a été arrachée par le grand patronat de façon à ce que les salariés soient libérés pour retourner se faire exploiter.

    Philippe présente le confinement comme une « stratégie » réfléchie. Mais il navigue à vue depuis le début de la crise. Cette gestion erratique n'est pas uniquement due aux nombreuses inconnues soulevées par ce nouveau virus. Elle résulte aussi des pressions du grand patronat pour que la production reprenne au plus vite et elle est amplifiée par des décennies d'abandon des hôpitaux sacrifiés à la course à la rentabilité et la financiarisation.

mardi 14 avril 2020

Irresponsables !

    Pour « fixer un horizon » et « redonner de l'espoir », Macron se devait, paraît-il, de fixer une date de début de déconfinement : ce sera lundi 11 mai. Aucune des trois conditions nécessaires au déconfinement - relâchement de la pression sur les hôpitaux, disponibilité des masques et des tests en quantité pour isoler les malades - n'est réunie. Mais « ça va se faire », nous dit Macron.

    « Ça va se faire », « demain nous aurons des masques et des tests »... est une musique que le gouvernement nous joue depuis des semaines. Et certains services hospitaliers comme le personnel soignant de ville, de l'infirmière libérale à l'auxiliaire de vie, en sont toujours à manquer de masques ! Sans parler des conducteurs de bus, des caissières, des livreurs et de tous les travailleurs exposés au virus.

    Après trois mois de « mobilisation », nous en sommes réduits au système D, parce que, dans notre pays riche, les capitalistes ne veulent pas réellement mobiliser leurs moyens industriels pour fabriquer des masques. Et il n'est toujours pas question pour l'État de les réquisitionner !

    Quant aux tests, Macron nous en promet pour le 11 mai. Mais l'hécatombe dans les Ehpad, c'est aujourd'hui et maintenant. Combien de temps et de morts va-t-il encore falloir attendre ? Alors, non, il n'y a rien à attendre de ce gouvernement.

    Les initiatives, le dévouement, l'ingéniosité qui ont permis de répondre à l'urgence sanitaire sont venus d'en bas, des travailleurs, des petites mains. Et cela va continuer. Alors, notre confiance doit aller au monde du travail, aux scientifiques et aux soignants, pas au gouvernement ni à la bourgeoisie.

    Cela fait des semaines que les milieux patronaux trépignent devant le manque à gagner engendré par le confinement. Certains de ces messieurs se sont même faits philosophes, expliquant qu'il faut bien mourir de quelque chose... Pendant qu'ambulanciers et soignants font le maximum pour sauver des vies, une à une, d'autres restent obsédés par la poursuite de leurs affaires, leurs parts de marché et leurs profits !

mardi 7 avril 2020

Sauver des vies, non les profits du CAC40 !

    Le gouvernement se veut rassurant et préparerait même le déconfinement. Comme s'il contrôlait la situation ! Mais que gère-t-il ? Les masques ? Il les promet depuis des semaines et ils sont toujours rationnés, même pour les hôpitaux. Il y a quelques jours, il expliquait qu'il était inutile de les généraliser, il conseille maintenant à chacun d'en porter, voire d'en fabriquer !

    Et qu'a-t-il fait pour les Ehpad ? Rien, si ce n'est de leur recommander de fonctionner en camp retranché. À eux, donc, de soigner les malades, même si le personnel n'a pas la qualification ! À eux de gérer la fin de vie des pensionnaires qui, faute de lits, ne sont pas admis dans les hôpitaux.

    Les lits en réanimation ont été multipliés grâce à la mobilisation des personnels de santé. Avec les effets du confinement, cela a relâché la pression sur les hôpitaux du Grand Est et de l'Ile-de-France. Mais cela ne fait pas le compte. Combien d'opérations importantes déprogrammées ? Combien de personnes en danger parce qu'elles hésitent à venir à l'hôpital, par peur de surcharger l'activité ou de contracter le virus ?

    Le confinement est indispensable, mais il est lui-même un aveu d'impuissance. Jamais l'humanité n'a disposé d'autant de moyens pour affronter une épidémie. Depuis la découverte des virus, les connaissances scientifiques et la santé publique ont beaucoup progressé. Grâce aux épidémiologistes, les pouvoirs publics étaient avertis de la menace d'une nouvelle pandémie. Eh bien, même des pays riches comme la France ne s'y sont pas préparés !

    Depuis des décennies, les gouvernements qui se succèdent se sont, au contraire, employés à fermer des hôpitaux et des milliers de lits, à réduire et sous-payer le personnel de santé... Même le stockage de masques, qui ne coûtait que 60 millions par an, a été arrêté. À une aide-soignante qui réclamait des moyens, Macron répondait il y a quelques mois : « Il n'y a pas d'argent magique », préférant réserver l'argent public aux grandes fortunes et au CAC40.