mardi 15 janvier 2019

Montbéliard : Gilets jaunes, gilets rouges, sans gilets, même colère noire.



Grand débat national : cause toujours...

   
Pour tenter de reprendre la main, Macron a lancé « un grand débat national ». Celui-ci a pour objectif d'éclipser et d'étouffer la mobilisation des gilets jaunes et de ne pas répondre à leurs exigences.

    Leur revendication la plus populaire est le rétablissement de l'ISF. Eh bien, par avance, Macron y met son veto ! Et en six pages et 34 questions, il n'y a pas un mot sur les salaires, l'emploi ou le niveau des pensions. Mais on peut toujours en causer, nous dit Macron. De qui se moque-t-il ?

    Le problème n'est pas seulement de dire ce que l'on pense. Cela, des dizaines de milliers de femmes et d'hommes le font depuis trois mois. Le problème est d'imposer nos intérêts de travailleurs contre Macron, le président des très riches, et contre la classe capitaliste de plus en plus rapace. Pour cela, il faut instaurer un rapport de force.

    Le fait que les gilets jaunes se soient rassemblés à 84 000 à la veille du lancement de ce « grand débat » montre qu'ils ne sont pas dupes. La dernière sortie de Macron sur les citoyens qui « oublient le sens de l'effort » a ainsi eu la réponse qu'elle méritait.

    Le mouvement des gilets jaunes a montré que nombre de retraités, de femmes en précarité ou au foyer, de salariés et d'artisans ne veulent plus se taire. Peut-être pousseront-ils aussi leur coup de gueule dans le cadre de ce débat officiel, et cela se comprend. Mais croire que le débat national peut faire avancer les intérêts essentiels des travailleurs en termes d'emploi, de salaire ou de niveau de retraite, est une illusion.

mardi 8 janvier 2019

Jaune, rouge ou noire, la colère est toujours là !

   
Avec la nouvelle année, le gouvernement espérait tourner la page des gilets jaunes. C'est raté ! Malgré les quelques concessions de Macron et la trêve des confiseurs, 50 000 gilets jaunes ont encore manifesté leur colère samedi dernier. Dimanche, quelques centaines de femmes gilets jaunes ont pris le relais dans une ambiance festive. Même affaibli, le mouvement multiplie les initiatives, et c'est tant mieux parce que cette contestation est légitime et salutaire.

    Après avoir utilisé la carotte avec, entre autres, l'organisation d'un grand débat national censé déboucher sur des solutions, le gouvernement a opté pour le bâton. Depuis une semaine, il multiplie les provocations et fait monter la tension. Il a systématiquement utilisé la force pour faire évacuer les ronds-points. Il a redoublé d'invectives vis-à-vis des gilets jaunes. Aujourd'hui, il instrumentalise les affrontements qui ont émaillé les manifestations et l'attaque au Manitou contre le ministère de Griveaux, pour caricaturer un mouvement qui exprime surtout un mécontentement profond.

    Quel que soit le devenir du mouvement des gilets jaunes, le mécontentement ne peut que grandir. Parce qu'on est en crise, parce qu'il y a plus de six millions de chômeurs, parce que le grand capital est de plus en plus rapace et les inégalités et les injustices de plus en plus révoltantes.

    Aujourd'hui, des multimilliardaires réservent un billet pour faire le tour de la Lune en 2023. Des entreprises investissent des dizaines, des centaines de milliards, pour répondre à ce genre de caprices de riches ou, pire encore, alimentent la spéculation. Et le gouvernement dit qu'il n'y a pas d'argent pour les urgences hospitalières saturées, les Ehpad ou l'habitat insalubre !

mercredi 2 janvier 2019

Que 2019 soit l'année de la riposte du monde du travail !

   
Pour essayer de commencer 2019 moins mal, Macron s'est voulu offensif pour les traditionnels voeux du 31 décembre. Assurant que « parler vrai, c'est parler de la réalité », il a mis en garde les classes populaires : on ne peut pas « travailler moins et gagner plus, baisser nos impôts et accroître nos dépenses ».

    C'est effectivement la réalité qu'il représente, celle d'un pouvoir au service du grand patronat, auquel il n'est pas question de demander quoi que ce soit. Macron l'a rappelé lundi soir : il entend poursuivre sa politique et a même confirmé les prochaines attaques, notamment contre l'indemnisation des chômeurs.

    N'en déplaise au président des riches, le mouvement des gilets jaunes a démontré que la pression de la rue, la mobilisation collective de dizaines de milliers de personnes peuvent obliger même l'arrogant Macron à en rabattre et son gouvernement à céder en partie.

    Cela ne suffit pas à répondre au problème du pouvoir d'achat. Comme le disait une manifestante : « On ne veut plus manger des miettes » ! Les mesures de Macron ne touchent qu'une partie du monde du travail et ne représentent que quelques euros, qui seront repris dans nos poches puisqu'il n'est pas question de toucher aux capitalistes.

lundi 24 décembre 2018

Après avoir fait reculer Macron, faisons payer les grands patrons !

   
Plus d'un mois après le début de la mobilisation des gilets jaunes, près de 40 000 personnes manifestaient à nouveau samedi 22 décembre. Les représentants du gouvernement se sont appuyés sur la baisse de la mobilisation et sur les démonstrations odieuses de quelques manifestants d'extrême droite pour affirmer que la contestation était terminée. Il n'y a plus que des factieux dans les rues, ont-ils répété, tandis que Macron, peut-être inspiré par son réveillon au milieu des missiles et des avions de chasse de l'armée française engagée au Tchad, affirmait que l'ordre devait maintenant être rétabli.

    Quel que soit l'avenir du mouvement des gilets jaunes, il a permis l'expression de la colère qui traverse toute la société, contre l'effondrement du niveau de vie. Il a montré que c'est la mobilisation des classes populaires dans les rues qui a obligé le gouvernement à reculer et à faire des concessions. Macron et tous ses ministres, après avoir fait mine de découvrir la « souffrance », détaillent leurs mesures pour tenter de convaincre qu'ils y ont répondu. La ministre de la Santé Buzyn a même dit que le gouvernement et les gilets jaunes avaient le même objectif, assurant que l'augmentation de la prime d'activité et la défiscalisation des heures supplémentaires rendaient le travail payant.

    La réalité, c'est que Macron et son gouvernement sont incapables de répondre à l'exigence de pouvoir vivre correctement de son travail. La classe capitaliste monopolise de plus en plus toute la richesse et il n'est pas question de lui imposer quoi que ce soit. Toutes les mesures du gouvernement consistent à prendre dans notre poche gauche ce qu'il reversera dans la droite, puisqu'elles sont toutes financées par l'argent public, sans rien prendre aux capitalistes.