Les travailleurs n’ont évidemment rien de bon à attendre du discours de Valls devant l’Assemblée. Quant au vote qui suivra, son issue est prévisible : l’Assemblée votera la confiance au gouvernement et celui-ci s’en prévaudra pour aggraver sa politique anti-ouvrière.
En effet, les socialistes « frondeurs » ainsi que la plupart des écologistes l’ont déjà annoncé, ils se contenteront de s’abstenir. Preuve qu’ils ne veulent s’opposer qu’en paroles et seulement si cela reste sans conséquence. Comme tous les autres socialistes, ils ont bien trop peur d’une dissolution qui pourrait leur coûter leur siège.
Comme quoi le député Thévenoud n’est pas le seul à s’accrocher à son strapontin ! Lui ne voit pas de contradiction entre le fait de ne pas payer ses impôts et son loyer pendant trois ans et rester député. Les frondeurs, eux, ne voient pas la contradiction entre être « contre » le gouvernement et « s’abstenir » pour laisser en place le gouvernement. Ce n’est pas moins lâche et c’est tout aussi inconséquent.
Les frondeurs comme les écologistes font mine de prendre leurs distances avec le gouvernement Valls pour ne pas couler avec le navire. Mais sur le fond, rien ne les sépare du reste de la majorité.
Depuis qu’ils sont élus, ils ont d’ailleurs cautionné tous les sales coups, que ce soient les attaques contre les retraites, les hausses d’impôts ou la loi sur la compétitivité. Il y a trois mois, ils étaient, eux-aussi, vent debout contre la grève des cheminots. Alors, faire croire aux travailleurs qu’il y aurait quoi que ce soit à espérer de ces gens-là est une farce.